Ma formation de Développeur Web à la Wild Code School

SFR/Bouygues Telecom/AG2R, au revoir

Je me souviendrai toujours du jour où j’ai signé mon CDI de téléconseiller dans cette grande entreprise. J’avais la gueule de bois après la soirée trop arrosée de la veille et qui s’était éternisée beaucoup trop tard. Un peu comme ma carrière chez eux.

Au départ je pensais ne pas pouvoir avoir mieux que ce boulot aliénant, payé une misère. Mais le pire était d’être « managé » par des gens incompétents et la plupart du temps, désagréables. Souvent eux-mêmes anciens téléconseillers, ils avaient ce besoin d’écraser leurs anciens collègues pour montrer qu’ils avaient maintenant du pouvoir.

Passé 30 ans, je me suis lancé un défi, me réorienter vers un domaine qui m’intéressait beaucoup plus : le développement web.

Devenir développeur en 5 mois ?

Un des premiers résultats de mes recherches pour une école de formation était la Wild Code School. Je n’ai trouvé que très peu d’avis sur cette école, je vous partage donc le mien en espérant qu’il sera utile à quelqu’un.

La Wild Code School propose de vous former aux métiers de la tech et promet un taux de retour à l’emploi de 84%. J’y ai choisi la formation de Développeur Web, un programme en centre de formation d’une durée de 5 mois suivi d’un stage en entreprise de 4 à 6 mois. Le diplôme obtenu est le titre RNCP de développeur web et web mobile, équivalent à un bac +2.

L’école est installée dans plusieurs grandes villes françaises mais également à l’étranger. Chaque campus propose un ou plusieurs langages de programmation à apprendre, selon les besoins du bassin d’emploi régional.

Pour ma part, j’avais le choix entre du Javascript et Java. Plutôt attiré par le côté back-end et ayant un meilleur feeling avec le formateur, j’ai choisi Java. Après quelques entretiens, des tests techniques et un énorme trou de 6000 euros sur mon compte épargne, me voici lancé dans l’aventure.

Environnement

Nous étions une trentaine, répartis de manière presque égale entre les deux langages proposés. Les locaux n’étaient pas incroyables mais fonctionnels. Enfin, sauf le wifi qui mettra un certain temps à être stable. Des laptops sous Linux étaient distribués à chaque élève ainsi que les clés nécessaires aux différents logiciels utilisés.

Les profils des élèves étaient variés, des jeunes, des trentenaire, quelques « anciens ». Beaucoup étaient en réorientation et ceux-ci étaient les plus motivés et ceux qui ont le mieux réussi.

L’apprentissage se déroulait sur une application maison proposant pour chaque thème quelques pages de théorie suivi d’un exercice afin de mettre en pratique ce que l’on venait d’apprendre. Ces exercices n’étaient pas corrigés par le formateur mais par les autres élèves. Régulièrement, le formateur faisait une démonstration à toute la classe afin de corriger des exercices particuliers ou des live coding afin de nous présenter les meilleurs pratiques.

Enfin, trois projets en équipe allaient être réalisés. Le premier en HTML et CSS afin de se faire la main, le second dans le langage correspondant à notre cursus et le dernier pour un véritable client.

A la fin des 5 mois de formation, il était vivement conseillé de trouver un stage de 4 à 6 mois afin d’accumuler de l’expérience et pouvoir présenter un rapport de stage pour obtenir le diplôme.

Les points positifs de la formation

Le système de cours et d’exercices à travers la plateforme d’apprentissage nous encourage très tôt à utiliser les ressources disponibles dans les documentations officielles ou sur les différents forums dédiés au développeurs pour trouver une solution à nos problèmes. Être capable de retrouver une information et d’appliquer les recommandations d’une doc est absolument essentiel dans ce métier.

Devoir corriger le travail des autres élèves est un excellent moyen de s’exercer à la revue de code et de découvrir des solutions auxquelles nous n’avions pas pensé.

L’utilisation dès la deuxième semaine de formation de Github aura été également très importante pour la suite de ma nouvelle carrière. Ces outils de versioning sont primordiaux dans ce métier, et il est indispensable de savoir les utiliser.

L’initiation à la méthodologie SCRUM sera également bénéfique, car elle est appliquée par beaucoup d’entreprises du secteur.

Les projets à réaliser en groupe et pour un client sont parfaits pour apprendre à travailler en équipe, gérer les différentes personnalités et découvrir cette relation si particulière entre un client et une équipe de dev.

Enfin, si un stage n’était pas trouvé, il était possible de présenter à l’examen le troisième projet de formation et un projet personnel.

Les points négatifs de la formation

Cinq mois c’est très court, et vu la densité de ce que l’ont doit apprendre, c’est très intense. Un concept que vous avez mal compris au début peut vous handicaper pour le reste de la formation.

Deux des trois formateurs présents étaient aussi bons pédagogues que développeurs. Le dernier par contre, s’était réorienté professionnellement assez récemment dans ce domaine et semblait manquer d’expérience.

Lors de mon inscription, on nous promettait de nombreux partenaires et une aide active pour la recherche de stage. En réalité, tous les élèves ont eu énormément de mal à trouver une entreprise pour les accueillir. J’ai trouvé l’aide fournie beaucoup trop légère. Les seuls « partenaires » que nous avons rencontrés étaient quelques entreprises qui ne cherchaient pas forcément un stagiaire. Ce job dating aura finalement été plutôt un entrainement aux entretiens d’embauche (ce qui est toujours bon à prendre) mais pas vraiment un coup de pouce de l’école dans notre recherche de stage.

Enfin, le prix de la formation est très élevé et peut être un gros frein pour se lancer. Heureusement, la Région, Pôle Emploi ou votre CPF peuvent faire baisser ce prix d’entrée.

Mon parcours

Je n’étais pas le meilleur ni le pire de ma formation. A plusieurs moment, j’ai été un peu largué par certains concepts peu évidents. La plupart des temps, j’avais le déclic en appliquant ces concepts dans le projet sur lequel on travaillait en équipe. Certains comprendront directement grâce à la théorie mais personnellement, j’ai besoin de manipuler. J’ai donc travaillé certains week-end pour ne pas prendre de retard.

J’ai décroché in extremis un stage de 6 mois dans une petite start-up quelques jours à la fin de ma formation.
C’était une mission front en Javascript et le choc a été rude. Le boss me mettait légèrement la pression, je ne connaissais pas la techno et personne ne pouvait me guider. J’étais à deux doigts d’abandonner la première semaine, tant je me sentais incapable de faire face à ce trop gros challenge. J’ai acheté une formation Javascript en et je me suis formé le soir et le week-end. De petits succès en petits succès j’ai réussi à terminer mon stage et à rendre quelque chose de correct. Ce stage m’a permis également de « rembourser » la somme investie dans ma formation et j’ai obtenu le diplôme sans trop de difficultés.

Il m’a ensuite fallu 3 mois en pleine période de COVID, une centaine de CV et quelques entretiens, pour avoir l’énorme chance de décrocher un CDI en tant que développeur dans une super agence web, pour laquelle je travaille maintenant depuis 6 mois. J’ai pu apprendre à travailler sur d’autres langages, entouré d’une équipe chaleureuse et bienveillante.

Au final, en un peu plus d’un an, j’ai pu réussir ma réorientation, effectuer un travail plaisant, bien rémunéré et dans un secteur porteur d’avenir.

Mes conseils pour réussir votre formation

Côtoyez un maximum les meilleurs élèves ou au moins les plus sérieux. Je repense souvent à une élève qui était arrivée très motivée, qui avait déjà 30 ans et pas vraiment d’alternative professionnelle en cas d’échec. Elle a très rapidement passé son temps avec d’autres élèves pas forcément très bons, mais surtout trop peu concernés et appliqués dans leur travail. Aucun d’eux ne s’est présenté à l’examen et à ma connaissance, aucun d’eux n’a été embauché chez Facebook, malgré le temps qu’ils y passaient sur leur smartphone.

Participez à tous les ateliers, évènements ou jeux non obligatoires organisés par l’école. Je ne l’ai pas fait, parfois par flemme et je pense que c’est une erreur, car il faut pratiquer un maximum quand on en a l’occasion.

Comme à l’école, en cas de non compréhension, insistez auprès du formateur ou d’autres élèves qui dans la plupart des cas seront ravis de vous expliquer ce que vous n’avez pas compris.

A la fin de la formation, continuez directement à vous former et à créer de petits projets persos à montrer aux recruteurs. Un GitHub rempli et des petites démos sont des aides précieuses quand on ne possède pas l’expérience ou le diplôme d’ingénieur.

Enfin, à tous ceux qui comme moi se sentent coincé dans un boulot horrible, lancez-vous, si j’ai réussi vous le pouvez aussi.

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